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Laudun Camp de César, Jean-Marc dimanche 16 mars 2025

Trois randos ont été annulées dans la semaine pour cause de mauvaises conditions climatiques. Enfin ce dimanche, nous pouvons pratiquer notre activité favorite, le soleil est de retour. Douze randonneurs ont rejoint Jean-Marc sur le parking du Mont de Vigueux, pour parcourir une boucle de 19 km avec un dénivelé de 750m. Nous accédons à un premier belvédère après le délicat Passage du Loup (largeur 27cm, dépose du sac à dos obligatoire...). Vue sur le village d'Orsans, le centre de Marcoule,le Rhône, les châteaux de Gicon et de Jonquier, la Dent de Marcoule, au loin la Drôme et la montagne du Linceuil. En chemin, les ruines de la chapelle Saint-Jean de Rouzigue, passage par l'oppidum, combe de Roubaud, pique-nique à midi sur un aplomb de falaises, combe d'Enfer, chapelle de Saint-Pierre de Castres en cours de réhabilitation.

 

Le Camp de César, d'une superficie de 18 hectares, est implanté en bordure orientale du vaste plateau de Lacau. Il domine la vallée du Rhône, axe de communication privilégié des sociétés antiques du sud de la Gaule. Occupé pendant plus de mille ans, le Camp de César raconte l'histoire des anciennes communautés méditerranéennes. Les fouilles scientifiques menées par le service du Patrimoine de la commune et le Ministère de la Culture, entamées en 1990, se poursuivent encore de nos jours et n'ont pas livré pour l'heure toutes les richesses que recèle ce grand site Languedocien.
L'oppidum occupait une position stratégique en bordure de Rhône et au confluent des vallées de la Cèze et de la Tave. Il commandait l'accès aux voies allant en direction des Cévennes et de la haute vallée du Rhône. Il bénéficiait de la proximité de deux grands axes routiers romains : la voie Domitienne reliant l'Italie à l'Espagne et traversant tout le sud de la Gaulle, ainsi que la voie des Helviens entre Nimes et Alba-la-Romaine

Les villae, nombreuses, témoignent d'une gestion organisée des terres avec la culture des céréales et de la vigne.  

La chapelle Saint-Jean de Rouzigue est la dernière occupation d'une agglomération gauloise, puis romaine sur le Camp de César.
L'édifice comprend une nef fermée par une abside et mesure 24,8m de long pour 8m de large.  La partie ouest du bâtiment (la nef) est plus ancienne, tronquée à l'est par des piliers engagés.

Les dix campagnes de fouilles effectuées autour des années 2000 ont démontré que cet édifice est construit en plusieurs étapes entre le Vème et le VIIème siècle.
Le site est abandonné en tant que lieu de culte à partir du XIVème siècle.

Croyances et coutumes locales
Une légende populaire veut qu'une chèvre d'or soit enfouie proche ou dans les décombres de Saint-Jean de Rouzigue. Cette croyance est tellement répandue que de nombreux habitants auraient entrepris au milieu du XIXème siècle d'effectuer des fouilles afin de trouver la fameuse chèvre d'or, dépensant pour certains d'importantes sommes d'argent.

Une autre superstition locale était très répandue particulièrement auprès des femmes de Laudun, qui avaient coutume d'amener leur enfant malade aux ruines de Saint-Jean pour le placer sur un autel présent au cœur de la chapelle. Une fois devant l'autel, elles retiraient les vêtements de l'enfant pour les remplacer par de nouveaux et jeter les anciens. La rumeur dit que ce rituel engendrerait toujours une guérison très rapide, dans les semaines suivantes.

Dans la même idée, certaines femmes n'arrivant pas à avoir d'enfants faisaient un pèlerinage en ces lieux afin de remédier à leur stérilité.

 Le cimetière
Il est particulièrement bien conservé à proximité de l'édifice, sur environ 360m².

La nécropole aurait servi entre la seconde moitié du IXème et la fin du XIIIème siècle. 141 coffrages anthropomorphes et 81 dépôts secondaires ont été étudiés après les fouilles de 2010.  Très peu de mobilier a été retrouvé dans les sépultures : 11 vases ; on a aussi retrouvé trois sujets accompagnés d'une valve perforée coquille St-Jacques, qui sont des insignes de pèlerins.

Les fouilles de la campagne de 2010 ont livré un lot de 32 monnaies, dont 30 ont pu être identifiées :
- 20 monnaies gauloises
- 1 monnaie romaine du Haut-Empire
- 3 monnaies romaines du Bas-Empire
- 6 monnaies féodales
- 2 monnaies antiques non identifiables.

La chapelle Saint-Pierre de Castres

Isolée sur le plateau de Lacau, elle se trouve à l’opposé de l’oppidum gallo-romain du Camp de César. Une première communauté de bénédictins s’y serait établie à l’époque gallo-romaine, avant de s’installer en 948 à St Saturnin du Port (actuellement Pont St Esprit). En mars 1629, elle aurait servi de refuge aux Laudunois lors de la peste. Peu avant 1789, il y avait peut-être encore des moines dans ce lieu de retraite. Un pèlerinage s’y déroulait le 1er Août.

La chapelle Saint-Pierre de Castres est un édifice exceptionnel par son état très proche de la construction d'origine. Il convient de maintenir la qualité poétique du site et l'émotion qui se dégagent d'un monument parfaitement intégré dans son environnement. Cet édifice est aujourd'hui en danger et nécessite une restauration. Dans ce but, la municipalité de Tresques se mobilise. Aujourd'hui l'étanchéité de l'édifice n'est plus assurée, le développement de la végétation et les infiltrations menacent l'intégrité de l'ensemble tout en causant des dégradations sur les pierres de taille. Des travaux sont en cours de réalisation : reprise générale de la toiture en lauzes et dévégétalisation, reprise de la maçonnerie, installation de vitraux compatible avec l'architecture cistercienne et remplacement des grilles des portes Sud et Ouest, installation d'une porte en bois.

Saint Pierre de Castres est une chapelle romane de la fin du XIème siècle. Composée d'une nef unique à trois travées et d'une abside en cul de four. L'édifice est bâti sur les hauteurs d'un plateau escarpé qui lui vaut d'être exceptionnellement préservé. Ce lieu est un témoin unique des techniques de construction des bâtisseurs du Moyen-Âge, n'ayant subi presque aucune modification à l'exception du clocher. Avec ses murs épais dépourvus de contreforts, elle témoigne d'une période primitive dans le déploiement des prieurés clunisiens.

 

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Marcel M.